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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 19:15



Akosse Legba, jeune femme togolaise, raconte sa vie et son histoire d’esclave moderne. Amenée en France par ses patrons togolais, privée de ses papiers et enfermée, elle travaille plus d’un an chez eux, sans salaire.


Quant ils partent en vacances, ils lui laissent vingt euros et du riz cassé dans le placard. Il y a des jours où elle n’a rien à manger, que l’eau du robinet à boire. Elle a trop peur pour s’enfuir, et elle ne connaît personne. Jusqu’au jour où elle demande son passeport et où son patron la frappe violemment. Il est dénoncé par une voisine. La police vient chercher Akosse et la fait parler. Elle est placée dans un foyer où elle mange à sa faim. Elle peut enfin dire : « Je sais qui je suis. »

Aucune dénonciation véhémente de l’esclavage moderne dans ce film. Akosse parle d’une voix douce ; on ne voit pas son visage mais des images qui rythment le film. Les couleurs du village de son enfance, dont elle a la nostalgie ; le blanc des objets de la maison où elle a travaillé en France, la machine à laver qui tourne obsessionnellement, les linges, la vaisselle, tout un monde moderne plein d’objets et de vide ; la maison où elle vit désormais, dans une campagne verte, et où elle montre enfin son visage. Cette mise à distance respecte la parole et la pudeur d’Akosse et transforme son témoignage en un vrai film qui est le portrait d’une belle personne.


Jeanne – c’est son vrai nom – a gagné son procès, ses patrons ont été condamnés. Elle a désormais une vie de famille dans un petit village français et ne retournera au Togo que pour revoir sa mère.


Film idéal sur le sujet de l’esclavage moderne, y compris pour introduire un débat, vu sa brièveté. A moins que vous préfériez parler de l’identité nationale : aujourd’hui Jeanne aurait surtout risqué d’être expulsée.



La Femme seule
Documentaire, 2005
23’
Réalisation : Brahim Fritah
Production : Les Films sauvages


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Published by LDH 80 - dans Libertés
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