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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 18:44






                                            Communiqué

La section d'Abbeville de la Ligue des Droits de l'Homme s'indigne du traitement infligé à un jeune homme "coupable" d'avoir reçu un SMS qui l'a fait suspecter de terrorisme et maintenir en garde à vue pendant 24 heures. Un camarade lui ayant demandé pour plaisanter s'il connaissait une technique pour faire dérailler un train, quelqu'un ayant eu connaissance du message a jugé bon d'avertir le parquet et suscité une réaction policière dont la rigueur semble pour le moins disproportionnée.
Cette navrante mésaventure met en lumière deux aspects de l'État sécuritaire contre lequel nous nous insurgeons :

1 - Le champ de la vie privée se réduit de manière insidieuse dans notre pays. Outre la multiplication des caméras de surveillance et la prolifération des fichiers, le développement de la téléphonie mobile et de l'Internet permettent de surveiller l'ensemble des citoyens à leur insu. Comment comprendre que l'on ait pu violer le secret de la correspondance pour porter le contenu d'un SMS à la connaissance du parquet ? La notion de "devoir de délation" a-t-elle à ce point pénétré les esprits ?

2 - La réaction policière suscite également des questions. N'a-t-on pas largement dépassé ce qui est nécessaire à une légitime assurance de sécurité ? Fallait-il faire subir 24 heures d'humiliation à un citoyen qui n'avait rien à se reprocher pour établir qu'il s'agissait bien d'une plaisanterie ? Ne s'agit-il pas plutôt ici d'intimidation destinée à accréditer l'idée que tous nos concitoyens sont des suspects potentiels et que tous les suspects sont, en fin de compte, un peu coupables ?

Cet épisode renforce notre conviction que l'État sécuritaire n'est pas la solution, mais le problème.


Abbeville, le 7 mai 2009



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Published by LDH 80 - dans Libertés
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