Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 06:51

48524253_m.jpg

                                                              Photo : J-M. Faucillon : http://amiensebouge.canalblog.com/



Hier 13 janvier, devant la Cour d'appel d'Amiens, se tenait un rassemblement de soutien aux 6 Contis condamnés en première instance par le tribunal correctionnel de Compiègne. Il était le lieu de rendez-vous du cortège qui a manifesté au départ de la Gare d'Amiens jusqu'au palais de justice. Plus de 1 000 personnes ont effectué le déplacement, malgrè le froid et la neige, pour assurer les Conti de leur soutien.

La LDH, qui appellait à ce soutien avec d'autres forces de Progrès, était notamment représentée par son Secrétaire Général Dominique GUIBERT. Son Président national, Jean-Pierre DUBOIS, annoncé, s'exprimait dans le Courrier Picard du jour pour dénoncer la pénalisation du mouvement social  (C.F. Edition du 13/01/2010 et communiqué ci-après).

L'appel de ce procès, qui s'apparentait à celui du mouvement social, a vu cette fois la requête de peines de prison avec surcis, "adoucissant" le verdict de première instance. L'avocate des Contis, soutenus par des témoins de moralité - leaders nationaux (ou locaux...) de syndixats (Syndicat National de la Magistrature, CGT locale...), associations (LDH) et partis de gauche - plaide la relaxe ; les témoins insistant sur le deux poids - deux mesures entre les peines qui affectent le mouvement ouvrier et social et celui de "revendicateurs" autrement plus violents mais jamais inquiétés.

Le verdict sera rendu le 5 février prochain.

Pour rappel, le communiqué co-rédigé par la LDH :


Communiqué commun LDH / Syndicat des avocats de France (SAF) / Syndicat de la magistrature (SM) - 26 septembre 2009 (Paris) :


Condamnation des « CONTI » : nouvelle illustration de la pénalisation du mouvement social

Le 1er septembre, six ouvriers de l’usine CONTINENTAL de Clairoix ont été condamnés à des peines de 3 à 5 mois d’emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Compiègne pour « destructions de biens d’utilité publique en réunion ».


En avril dernier, apprenant que la fermeture de leur usine était confirmée par la justice, 200 salariés menacés de licenciement avaient exprimé leur désarroi dans les locaux de la sous-préfecture de Compiègne.

Tout le monde se souvient des images de cette colère spontanée qui a conduit à la dégradation de quelques biens mobiliers. Plutôt que de prendre conscience de l’intensité de la détresse de ces salariés, le Premier ministre n’avait pas hésité à stigmatiser outrancièrement cette action en indiquant qu’elle était le fait d’une « minorité très agissante et très violente » qu’il convenait de sanctionner sévèrement.


Le gouvernement nous avait pourtant habitués à une réelle mansuétude, tant pour les « patrons voyous » - en dépit de quelques effets de manche médiatiques - que pour les auteurs de véritables saccages appartenant il est vrai à son électorat traditionnel…

Cette indignation à géométrie variable de la majorité au pouvoir est réellement insupportable, en ce qu’elle alimente la séparation sociale et la désespérance populaire.

Il est vrai que les idéologues de la « loi du marché » sont naturellement peu sensibles à l’insécurité salariale et à ses effets dévastateurs.


Une fois de plus, cette approche dominante des rapports sociaux n’a pas manqué de se traduire par une instrumentalisation consentie de la justice. Comment analyser autrement le contenu surprenant des réquisitions du parquet suggérant de punir plus sévèrement les prévenus qui contestaient leur participation aux faits ? De même, comment ne pas s’étonner de condamnations si sévères, prononcées par un juge unique n’ayant pas cru devoir - malgré la complexité de l’affaire et l’importance des enjeux - partager la réflexion judiciaire dans le cadre d’une collégialité ? Tout se passe comme si cette juridiction solitaire, en parfaite harmonie avec l’air du temps, avait anticipé le vote imminent de la loi Estrosi sur les bandes (résurgence aggravée de la loi anti-casseurs) qui prévoit rien moins qu’une responsabilité collective en matière pénale.


Le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France et la Ligue des droits de l’Homme dénoncent ce nouvel épisode de la pénalisation du mouvement social et partagent l’émoi des organisations syndicales et politiques qui ont marqué leur solidarité avec « les CONTI ».


Paris, le 26 septembre 2009






Partager cet article

Repost 0
Published by LDH 80 - dans Droits sociaux
commenter cet article

commentaires